Etapes de l'écriture d'une Icône
LA PRIÈRE
“ Roi du Ciel Consolateur, Esprit de Vérité,
Toi qui es partout présent, et qui emplit tout,
Trésor de grâces et donateur de vie,
Viens! et demeure en nous,
Purifie-nous de toutes souillures, et sauve nos âmes, toi qui es Bonté !”
Avant de prendre son crayon et ses pinceaux, l’iconographe remet son travail à Dieu, dans un moment de prière.
Il demande humblement à l’Esprit Saint de venir le guider.
L’iconographe cherche à donner le meilleur de ses capacités, et il accepte en même temps qu’à travers les imperfections de son œuvre, Dieu puisse agir .
L’icône ne s’arrête pas à elle même. Elle est pour chaque homme et femme de bonne volonté, pour lui parler de la Présence de Dieu à ses côtés.
C ‘est pourquoi, dans sa prière, l’iconographe confie aussi ceux pour qui il va écrire son icône.
LE DESSIN
Le travail du dessin est la première étape.
C‘est là que se construit toute l’icône.
On
apporte un soin particulier au dessin, sur lequel va s’appuyer la
peinture.
Le dessin byzantin est codifié, il répond a un canon
élaboré dans les premiers siècles du christianisme.
L’iconographe réalise son dessin non pas selon son imaginaire, mais en s’appuyant sur toute la tradition, pour mieux exprimer la sainteté du personnage qu’il représente.
La figure du cercle , par exemple, est centrale en icône. A la base de beaucoup de compositions, le cercle exprime à la fois la sainteté , la divinité, la communion d’Amour entre les trois personnes divines et leur perfection .
Le cercle sert aussi de mesure pour construire un personnage, sa hauteur les traits de son visage.
L’ENDUIT
La planche d’icône, traditionnellement en bois de tilleul, est d’abord préparée, recouverte d’un enduit composé de colle de peau de lapin et de blanc de Meudon , appelé “LEVKA”, et passé en une dizaine de couches.
Cet enduit poreux permet d’absorber les couches de pigments.
Le levka doit être poncé pour être rendu parfaitement lisse.
LA POSE DE L OR
L’or, ce métal inoxydable est , dans l’art de l’icône, symbole d’Eternité.
Les nimbes et parfois le fond des icônes , sont recouverts de feuilles d’or.
L’or évoque aussi la lumière surnaturelle qui vient de Dieu, sa Présence qui environne le Saint, dans le face à face avec Lui.
Les feuilles d’or peuvent être collées à la mixtion, ou à la colle de peau diluée dans l’eau.
LA PEINTURE
A l’ aide de pinceaux en poils de martre et de pigments naturels liés par du jaune d’œuf (technique de la tempéra), l’iconographe, compose ses couleurs dans la palette, avant de les étaler sur la planche.
LES PROPLASMES
Il commence par des tons les plus foncés, les proplasmes, qui constitueront à la fois l’ombre et la profondeur de l’icône.
Leurs teintes souvent sombres et constituées de pigments à bas de terres, évoquent aussi la situation de l’homme, pécheur, tiré de la glaise, et qui est en attente de la Lumière, du Salut, donné par le Christ.
LES LUMIERES
Les teintes plus claires sont appelées les lumières.
Elles sont superposées au proplasme, sans pour autant le recouvrir complètement. Les teintes du proplasme et de la lumière se complètent mutuellement, pour donner une couleur plus belle, plus lumineuse.
En icône, les lumière ne proviennent pas d’une source extérieure, mais c’est le personnage lui même qui est source de la lumière.
On dit qu'il laisse rayonner à travers lui la lumière de Dieu, surnaturelle, il la laisse passer, à l’image d’un vitrail. Le nimbe est aussi un symbole de cette lumière rayonnante
L’iconographe essaie humblement de traduire cette lumière surnaturelle à travers ses traits et couleurs. Son modèle demeure toujours le Christ Transfiguré.
Ce travail de la montée en lumière commence généralement par les vêtements, puis continue par le visage, aboutissement de toute l’icône.
Le visage est le lieu de la présence et de la rencontre, entre le saint et la personne qui se recueille devant l’icône .
Exemple de la montée en lumière
sur le visage de St Etienne
LE NOM
On termine l’icône par le regard du personnage , puis l’inscription de son nom, très importante car elle permet d’identifier le saint représenté.
En inscrivant le nom, l’iconographe certifie qu’il a voulu représenter tel ou tel saint.
Le nom rappelle cette relation personnelle entre l ‘icône et la personne qui prie devant.
Il
n’y a pas “d’anonymat”.
Lorsqu’on prie, on s’adresse
à quelqu’un de particulier Le Christ, La Vierge, ou les saints,
dans un lien personnel unique.
Chacun est unique aux yeux de Dieu. La prière de chacun aussi est unique.
LE VERNIS
Lorsque l’icône est écrite, il faut lui laisser le temps de sécher, pendant environ deux mois (durée qui peut varier en fonction du lieu, de la météo et de la méthode de peinture), afin que toute l’humidité soit partie.
On peut ensuite poser le vernis.
LA CONSÉCRATION DE L'ICÔNE
Les icônes sont placées sur l'autel, pour y être bénies.
Le prêtre peut proclamer la prière qui suit.
Seigneur, Dieu de nos Pères,
Pour qu’il te connaisse, Toi le seul vrai Dieu, et te serve pour toujours,
Tu as délivré ton peuple Israël de l’idolâtrie,
Tu lui as interdit de se faire une image de Toi et de la vénérer.
Mais quand les temps furent accomplis,
Tu as envoyé ton Fils Unique Notre Seigneur Jésus-Christ.
Il a voulu naître de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu,
Et revêtir ainsi la nature humaine d’une manière qui dépasse tout entendement. Lui, le seul vrai Dieu, IL a daigné passer parmi nous et se laisser représenter.
Dans un geste de bonté et de miséricorde envers le roi Abgar, Il a imprimé les traits de sa Sainte Face pour le guérir de sa maladie.
O très Sainte Trinité,
De ta main invisible, signes et bénis ces icônes.
Bénis ces images de ton Fils Bien-aimé ,de sa Sainte Mère, de ses anges, et de ses saints, écrites en mémoire de son Incarnation, et de tous les bienfaits qu’il a réalisé quand il apparaissait sur notre terre comme un homme parmi les hommes.
Remplis-les de la force d’action sanctifiante de ta Première Image,
Afin que tous ceux qui s’en approchent avec vénération, obtiennent santé, sanctification et bénédiction.
Tu es notre sanctification et nous te rendons gloire avec ton Fils unique
et ton Esprit Saint bon et vivifiant,
Maintenant et toujours, dans les siècles des siècles.
L’assemblée répond avec force : Amen

